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« Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin. »
___ Les couloirs s'enfilaient sous mes pas, et j'avancais la tête baissé, observant les talons de celle qui était venue me chercher il y'avait de ça 30 secondes. Je n'osais pas émettre un son. Elle n'avait pourtant pas l'air en colère, plus embarassée. Mes pieds posèrent leur empreinte sur un tapis rouge, le tapis du bâtiement de l'aile droite. L'aile droite, l'aile de la direction. Je savais desormais où je m'aventurais. J'entrai dans un bureau des plus spacieux de l'hôtel, et m'asseyai dans un des fauteuil les plus confortables. Les rideaux rouges de velours étaient tirés, et semblaient laisser tomber tout leur poids sur le parquet d'origine. Des fenêtres gigantesques, qui ne laissait entrer aucune lumière. Une fois de plus je fus sortie de mes pensées par ma chère supérieure hiérarchique.
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Clara, il faut absoluement que vous m'aidiez sur ce coup.___ Je croisai mes jambes, mon uniforme impecablement repassé semblait supporté la douleur. Je tournai la tête dans sa direction, un sourcil relevé et un sourire en coin. En quoi, moi, Clara, aurai-je bien pu l'aider ? Visiblement agassée par mon comportement, ma supérieure croisa les bras et répondit aussitôt.
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Clara, pas la peine de me regarder de cette manière, vous n'avez pas le choix.___ Basculant légèrement la tête du côté gauche, je m'aventurai à une seule question. Bizarrement je n'avais pas peur d'être licencié, je me comportais comme si cette personne était mon amie. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que c'était le cas. Je devais la craindre, pourtant je ne le faisais pas. Je n'avais pas peur de dire les choses. Je laissai même un sourire se dessiné sur mon visage.
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Vous me parlez de quoi là ?___________ _
Mais enfin Clara, de Cannes !___ Le pire était que je riai. Pourquoi moi, c'était Lyne qui devait aller représenter l'hôtel avec Madame Klose, pas moi. C'était elle la meilleure femme de chambre, d'après les statistiques. Je n'avais même pas participé au concours qui permettait de se rendre à Cannes.
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Mais c'est Lyne qui doit y aller pas moi.___________ _
Changement de programme ! Mdme Klose se leva vivement de son siège.
___ Elle se tenait désormais debout devant moi, j'ai même cru un instant qu'elle allait posé son derrière sur son bureau, replié une jambe qui laisserait entrevoir sa cuisse parfaitement épilée, et par la même occasion posé ses mains de part et d'autres de ses hanches. Mais il n'en fut rien. Elle paraissait à la fois desespérée,et confiante. Embêtée et rassurée.
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Lyne ne pourra pas venir, à cause de sa fracture au genou. L'hôtel et moi nous sommes donc dans l'obligation de choisir une autre femme de chambre pour représenter l'hôtel avec moi en France. Après mûre réflexion, Monsieur a décidé que se serait vous. Son regard trahissait sa pensée, ça en devenait hilarant.
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Vous pouvez carrément dire qu'il m'a choisi directement parce que je suis la seule à savoir parler français dans l'hôtel. Ou plus parce que je suis, carrément française. Je souriai avec une arrogance de gamine. J'aimais qu'on ait besoin de moi.
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Clara, promettez moi d'éviter ce genre d'interventions lorsque nous serons à Cannes. Ce festival est important pour notre image, nous représentons le luxe, une puissance économique. Et Monsieur serait terriblement déçu si notre voyage s'était fait remarqué pour de mauvaises raisons. Vous ne croyez pas ? Comme si je savais pas.
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Si, j'essaierai d'être sage.___ J'esquissai un sourire, elle n'était pas vraiment méchante. Elle était juste bouffée par son stress, bouffée par son boulot qui était devenu sa vie. Et je ne voulais pas devenir comme elle. C'est pour ça que j'essayais de ne pas forcément faire le travail qui me plaisait, et pour un premier emploi; c'était plutôt réussi. Franchement, qui rêverait de faire des lits, passer l'aspirateur et tout le reste, pour quelqu'un d'autre. Moi ce dont je rêvais, c'était d'avoir une vie des plus amusantes, de ne pas avoir de quotidien, et au mieux, finir mes jours avec Alex.
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Vous acceptez ? Dit-elle, légèrement préssée d'avoir la réponse.
___ S'il y en avait bien une qui n'avait pas perdue le file de la conversation, c'était bien elle. J'hésitai un instant à répondre; pour combien de temps; qu'allions nous y faire à par de la parade. Je n'en avais aucune idée, mais ça aurait été trop bête de laissé passer ça. Enfin, j'allais retrouver ma belle France.
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Oui oui, je viens avec vous. Avec grand plaisir.___ Ma supérieure hiérarchique, se rassit sur son siège et laissa échapper un soupire d'entière statisaction. Je l'otais d'un poids, visiblement. Et je n'en étais pas peu fière. Elle était sympathique, et j'aimais beaucoup sa façon de parler. Toujours calme, même remontée, avec du vocabulaire qui la rendait deux fois plus intelligente qu'elle ne l'était. Exemple type d'une femme du XXI siècle, heureuse carrière, malheureuse en ménage. Remarquant le sourire qui se tramait sur mon visage, Madame Klose reprit ses esprits.
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Le départ est à l'aéroport à 15h Jeudi, nous resterons à Cannes jusqu'à Dimanche matin. Prévoyez de jolies choses à porter, privilégiez les robes. N'hésitez pas à être élégante, à donner une image très féminine de vous même. Très épanouie.___________ _
Pourquoi j'ai pas l'air asssez épanouie ?___ Et je riai encore plus, la tête que ma patronne faisait était mémorable. Elle qui voulait se conduire en aprfaite diplomate, elle ne s'attendait pas à une réponse aussi vive de ma part. Mais a me faisait rire, je voulais simplement détendre l'athmosphère. Avait-elle réalisé à quel point elle avait pue manquer certaines choses de la vie ? Mais un geste me rassura, je venais de la voir sourire, entre deux mots.
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Je... Enfin vous m'avez comprise. Dit-elle, un peu gênée.
___ Madame Klose se leva d'un bon, apparement préssée. Elle me serra la main, me remercia du geste que je venais de faire pour la société, et m'invita à lui poser toutes sortes de questions si besoin il en était. Quelques minutes plus tard, je sortai du bureau et me dirigeai à vers la chambre que j'avais abandonner il y'avait de ça 15 minutes. J'étais désolée pour Lyne, et en même temps heureuse de revenir en France. Même si Cannes ne valait pas Paris, le seul fait de savoir que je me trouvais dans ce pays me rassurait, me donnait du baume au coeur. Je traversais les couloirs, mes pensées fusaient, se substituaient les unes aux autres. Il me tardait de lui annoncer la nouvelle. Entrant dans la chambre d'hôtel, je me surpris à fredonner un vieil qui me provenait de ma petite enfance. Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin. Ma route, je la traçais. Le chemin n'existait pas, j'y allais à taton, là où mon intuition me menait. Mon rêve, vivre libre. Mon destin je n'y croyais pas. Je destestais le destin. Il n'y avait rien qui pouvait contrôler ma vie, je voulais la construire sans me dire que tout était déjà jouer d'avance. Et tout en réfléchissant, je faisais de ce lit deux places un vrai chef d'oeuvre. Mon vrai rêve, c'était d'être une artiste. Rien de plus, rien de moins.
___ L'art c'était ma façon de m'exprimer, qu'il se soit résumé à un instrument, un pinceau, quelques lignes ou encore quelques sons. J'avais la passion de l'opignon, de l'expression, de la créativité. Ma façon de vivre c'était celle là, je l'aimais comme ça. Mon studio n'était sans doute pas très grand, mais c'était devenue un atelier. Une galerie, un salle de mixage, une salle de répétition, un endroit squatter par des tonnes de feuilles, de stylos usés, de cartouches d'encre vides. Alors, il paraissait évident que personne ne pouvait croire que j'étais femme de chambre, femme de ménage où tout ce qui vous passe par la tête. Je ne donnais pas de nom ce métier, il me permettait de vivre simplement. Je ne lui donnais pas plus d'importance.