-
« Always love, hate will get you everytime. »
___Je me faisais chier, mais qu'es ce que je me faisais chier. Là sur mon siège d'avion de jet setteur je ne pensai qu'à une seule chose, descendre de cette saleté d'engin qui se vantait à longueure d'année d'améliorer son aisance de vol. En plus la nourriture qu'il se vantait également de servir fraiche sentait la moisissure, ou du moins était pourrie, ou du moins n'avait pas de goût, ou du moins n'était pas aussi bonne que les petits plats de mon amant. Il n'y avait pas à tortiller, je n'aimais pas cet avion, j'avais envie de partir mais le seul fait de me dire que je devais glander pendant au moins 3 heures dans cet avion me mettait le moral à zéro.
___Après, donc, quelques heures d'avion qui m'avait paru durer des siècles, je m'asseyai à nouveau. J'avais besoin de me dégourdir les jambes, de regarder dehors, de sentir le vent, de me sentir un peu revivre. J'avais passer tout le vol à regarder des films pourris sur un écran télé tout petit. J'avais les yeux explosés, ma robe froissée. Et d'ailleures, ça n'avait pas tellement l'air de plaire à Madame Klose, qui en même temps que de répondre au téléphone, lissait la toile bleu de mon vêtement.
___Une fois arrivé à l'hôtel, je marchai droite comme un piquet derrière ma patronne, bousculant tous ces connards de maitres d'hôtels qui me demandaient si je désirai quelquechose. Oui, j'avais une folle envie d'aller aux toilettes, mais le renseignement d'un seul employé de l'hôtel m'avait emplement suffit. J'en avais plus que marre. Ras le bol ou la casquette, comme vous voulez. Quelques minutes après, j'appelai un ascenseur avec Madame Kose toujours collé à son téléphone portable. On aurait du lui coudre à l'oreille, ça lui aurait rendu service. Une fois arrivé au bon étage, nous fûmes accueilli par la représentante en chef des femmes de ménages de l'hôtel. Personellement, je ne voyais pas tellement ce qu'il y avait de fier à être une femme de ménage. Enfin bon, je laissai mes remarques au placard pour dire bonjour à toutes la bandes de nones devant moi. Elles me félicitaient, me parlaient Anglais, Français, Espagnol, Allemand, j'avais même cru comprendre qu'il y avait une Russe. C'était une sorte d'unité d'élite. Le pied.
___Une de mes rencontres m'accompagnait à ma chambre en me parlant de son bonheur de travailler en France. Je réalisai alors que je ne me rendai pas compte à quel point la France pouvait avoir une allure de paradis. Pourquoi, je n'en savais rien, et c'était pas dans mon programme de le découvrir. Alors je marchai en compagnie de cette personne dont je ne connaissai pas le nom, et j'écoutai son français machouiller. Elle était vraiment sympathique et en plus de ça elle parlait quand même bien le jargon du pays. Je l'invitai à entrer dans la chambre que j'allais occuper pendant ces 3 jours. Je rangeai mes robes du soir que j'avais été acheter la veille avec Alex, dans le dressing de la suite, posai ma trousse de toilette dans la salle de bain qui brillait sans que j'y sois pour quelquechose, et m'étalai de tout mon long sur le lit. J'écoutai attentivement tout les dire de mon invitée lorsque je rebondis sur une de ses paroles.
___________ _
Tu connais Paris ? Mes yeux pétillaient, Paris, Paris.
___________ _
Je l'ai visitée l'année dernière, c'est vraiment une superbe ville.___________ _
Une des trois. ___________ _
Quoi ? Je réalisai que je venais de penser à voix haute.
___________ _
Euh oui. Une de mes trois préférées. ___________ _
Lesquelles sont tes préférées ? J'hallucinai, même les Français ne parlaient pas comme ça.
___________ _
Berlin, Paris et Londres. ___Et comme si elle n'en avait rien à faire, mon invitée continua son long discours reflettant son «incroyable» quotidien au sein de cet «magnifique» hôtel, avant de me remercier de l'avoir entrer et quitter la chambre que j'allais désormais occuper comme il se devait. Mais passées trois bonnes minutes de glande totale, je me souvins du prénom de cette fille : Marilyn. Tout de suite après mon illumination soudaine, je recommencai à me demander ce que j'allais bien pouvoir faire. Il restait deux heures avant ma prestation sur-répétée devant les caméras. Je m'enfoncai confortablement dans le canapé. J'avais le temps.
___J'entendis soudainement comme une voix hystérique hanter le couloir. Je fus surprise par la force que ma patronne utilisa pour ouvrir la porte de ma chambre tout en criant, elle était habillée en robe de soirée noire, discrète mais élégante. Je souriai naïvement, mais il ne me fallut pas beaucoup de temps à comprendre pourquoi elle était dans cet état, et surtout pourquoi elle me regardait intensément de cette manière. Ecrasant du coude un coussin en dentelle jeune, je jettai un coup d'oeil à mes vêtements : jean sérré , chaussures à talons, chemise rayé bleue, gilet d'homme. Oups.
___________ _
Allez debout on a pas le temps de s'admirer ma demoiselle Clara ! Je me levai droite comme la justice et suivait ma patronne comme un soldat au garde à vous.
___________ _
On a encore du boulot ... Souffla-t-elle.
___Ouvrant le dressing de la chambre, elle étouffa un son aigüe en apercevant mes 3 robes. Ses yeux avaient libéré ses rides en forme de pattes de mouche, ce qui laissait deviner que la crème miracle n'existait pas. Et moi, je sourirai. Son rouge à lèvres rouge sang contrastait avec sa peau blanche d'européenne, à croire qu'elle n'avait jamais vu le soleil. Plus j'observais son visage et plus je me demandais si elle avait déjà pris des vacances une fois dans sa vie, et le doute m'était largement permis. Ses cernes maquillées semblaient pesées des tonnes sur sa peau de quardagénaire, le creux de ses lèvres accentuait le dessin de ses fossettes et son nez donnait du relief à son visage froid. Le mascara avait été soigneusement posé sur ses yeux, le fard à paupière bleu réchauffait son regard noir éconduit par ses yeux sombres. Ses cheveux noirs, qui d'habitude suivaient le rythme de ses journées libres-au-vent, étaient attachés et laqués comme on ne peut pas mieux faire, pas un seul cheveux ne dépassait. Je la trouvais jolie, elle était même très jolie.
___________ _
Hum, Clara ... Trois robes ? Dit-elle en tournant le visage de façon à planter ses yeux dans les miens et m'enlever ce sourire idiot qui me pendait aux lèvres.
___________ _
Hum ... Repris-je, insolente.
Trois jours, trois robes.___________ _
Oui ... Souria-t-elle. Détournant une seconde le visage afin de mieux visualiser dans leur ensemble mes tenues, elle replanta ses yeux dans les miens.
Faut voir la tête des robes aussi.___________ _
Comment ça ? J'attrapai chacune de mes robes en énnoncant leur couleur.
Gris, Bleu, Blanc. J'attendai l'explication à cette attaque, qui n'était seulement qu'une critique à mieux y réfléchir.
___________ _
Justement, c'est trop commun. Elle reprit les robes et les reposa dans la pendrie avant de m'attraper les mains.
Nous réprésentons un hôtel moderne, qui évolue avec son temps, extravagant, branché ... Visiblement les mots lui manquait, je hochai la tête de façon à lui montrer que j'avais compris où elle voulait en venir.
___________ _
Si j'avais su, j'aurais sorti la robe léopard. Souriai-je.
___Puis l'athmosphère changea du tout au tout. Madame Klose ouvrit des yeux immenses avant de me presser au dehors de la chambre. Fermant la porte derrière elle, elle s'assura que je n'avais rien oublier d'important ( portable, papiers, cartes de crédit, etc ) et réalisa que j'avais mon sac à la main. Alarmée par je ne savais pas encore quoi, elle réfléchit quelque seconde avant d'accompagné son regard ébahi, d'un sourire mystérieux. Plus elle me trainait dans les halls, les ascenseurs et les couloirs, plus j'avais peur de ce qui allait se passer. Mes talons résonnaient sur le parquet de la suite qu'occupait ma supérieure. Enfin, elle me lâcha le bras pour me quitter quelques instants, j'aperçu immédiatement une énorme pendule accroché au dessus du lit royal. Plus qu'une heure avant le tapis rouge. Mais qui disait tapis rouge disait photographes, qui disait photographes disait célébrités, qui disait célébrités disait emmerdes. Voilà ce qui m'inquiétait, inconsciemment. Les emmerdes, j'en avais pas besoin, j'en avais déjà assez eu. Un claquement de placard me fit sursauté et stoppait ma réfléxion intense et profonde. J'entrevoyai dans les jointures des portes qui me faisaient face, Madame Klose se hâter vers moi. Son visage était détendu, rieur, moqueur, gamin. Je murmurai aux murs un « Non » de desespoir.